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Seam the Change : un Fashion Hackathon qui réunit et transform


DigiFashTech • Athènes, 10–14 novembre 2025



Sous le soleil d'automne athénien, entre les colonnes antiques et les ruelles de Pláka, la mode durable s'est réinventée pendant cinq jours. Vingt-six participants venus de huit villes européennes — Amsterdam, Berlin, Paris, Istanbul, Milan, Bolzano, Padoue, Stockholm — ont convergé vers la capitale grecque pour "Seam the Change", un laboratoire d'innovation orchestré par Fashion Revolution Greece (Instagram : instagram.com/fash ), SOFFA (https://soffa.gr/ ), TenMillionHands (https://tenmillionhands.org/ ) et Impact Hub Athens (https://athens.impacthub.net ), où l'avenir du textile s'expérimente en accéléré.




Un hackathon repensé


Ce format d'innovation intensive rassemble des profils variés pour concevoir et tester des solutions en un temps restreint. Mais ici, la démarche allait plus loin : Seam the Change fonctionnait comme un dispositif d'apprentissage rapide, où expérimentation, collaboration et mentoring se tissaient ensemble. L'objectif ? Développer la capacité à reformuler un problème, ajuster une hypothèse, confronter ses intuitions aux contraintes du réel.


L'Agora d'idées : point de départ collectif

Après une première journée consacrée aux enjeux politiques européens, orchestrée par les équipes FABRIX, une Agora d'idées a permis aux participant·es de se constituer en équipe autour d'un projet.

Car la finalité de cet événement était bien celle-ci : permettre aux porteur·ses de projet de challenger la faisabilité de leurs initiatives. Chacun·e a pu programmer des entretiens avec les expert·es-mentors pour confronter son idée à des regards extérieurs. En parallèle, les équipes se formaient naturellement, créant des groupes de travail en pair-à-pair aux approches aussi variées que complémentaires.

Les échanges prenaient parfois la forme d'une mise en tension constructive — essentielle pour débusquer les angles morts.


Le mentoring comme dynamique d'apprentissage

Le mentoring occupait une place centrale, non comme un service d'experts descendant, mais comme une méthodologie collaborative. Il offrait un espace pour clarifier les idées, repérer les biais, articuler les ambitions avec les réalités techniques, économiques et sociales du terrain.

Cette approche horizontale encourage le questionnement plutôt que la validation. Elle a permis aux participants de naviguer dans les contradictions du secteur : impact environnemental, viabilité économique, justice sociale, innovation technologique. Plus qu'un prix à décrocher, l'enjeu était de développer une intelligence collective capable d'embrasser la complexité.

Parmi les mentor·es mobilisé·es, Fashion Revolution France était représentée, notamment par Catherine Dauriac. Cette présence soulignait la dimension européenne du projet et la circulation des expertises entre les différentes branches nationales du mouvement, chacune apportant son regard et son expérience des enjeux locaux de la mode durable.



Le sprint final et un système d’évaluation exigeant


La dernière journée a concentré l'énergie collective : affiner les pitchs, structurer les narratifs, valider la faisabilité. Objectif : présenter les projets devant un jury réuni le soir pour récompenser l'une des initiatives.

Le jury s'appuyait sur une grille de critères qui reflète la complexité des enjeux du textile durable. Cinq piliers structuraient l'évaluation, chacun interrogeant une dimension essentielle de la transformation du secteur.


La durabilité sous toutes ses facettes formait le socle de l'analyse. 

La circularité d'abord : les projets devaient démontrer comment ils intègrent les principes de l'économie circulaire — approvisionnement circulaire, extension de la durée de vie, partage ou revalorisation des ressources. L'objectif : concevoir des systèmes qui éliminent les déchets dès la conception, maintiennent les matériaux en usage et régénèrent les écosystèmes naturels.

La durabilité environnementale était ensuite : réduction des émissions de gaz à effet de serre, économie d'eau, préservation des sols, diminution des intrants fossiles, conservation de la biodiversité, baisse des volumes de production, limitation des déchets et de la pollution. Mais aussi la capacité à faire évoluer les comportements vers une consommation plus sobre.

La dimension sociale complétait cette première grille : conditions de travail équitables, rémunération juste, équilibre des genres, inclusion des groupes marginalisés, réinvestissement à finalité sociale. Le tout assorti d'exigences de transparence et de redevabilité.


De l'idée à la réalité

La faisabilité constituait le deuxième pilier : viabilité technique pour atteindre le marché,  modèle financier crédible, identification des risques, indicateurs de performance et jalons précis. Une initiative, aussi vertueuse soit-elle, devait pouvoir exister dans le monde réel. La réplicabilité ou le passage à l'échelle : capacité à essaimer ou grandir sans diluer l'impact. 

Enfin, la qualité de la présentation : clarté du propos, force du récit, adéquation problème-solution. Car une idée transformatrice n'existe pleinement que si elle peut être partagée et comprise.

Ce système d'évaluation exigeait bien plus que des projets innovants : il réclamait des visions cohérentes, ancrées dans la réalité, capables de naviguer entre impact social, régénération environnementale et viabilité économique.

Au-delà des résultats, la finale a célébré une communauté européenne engagée et créative.


Les projets gagnants

Le jury a distingué deux initiatives qui incarnent chacune une approche singulière de la circularité textile. ReSilk, porté par Athanasia Tsiakiris, s'inscrit dans la tradition séculaire de la soie grecque de Soufli — une région du nord-est du pays où la sériciculture européenne a pris racine —, qu'elle réinvente à travers des procédés de régénération et d'innovation numérique. NOEMA, projet de Barbara Panopoulou, propose quant à lui une plateforme qui connecte ressources durables et fabrication éthique, dans une démarche qui fait écho aux principes de l'économie circulaire appliqués à la mode.



Un signal fort pour l'avenir du textile


Le Fashion Hackathon d'Athènes a démontré l'efficacité d'un espace décloisonné où l'apprentissage et la coopération priment sur la compétition. Il a mis en lumière une dynamique collective : celle d'un secteur textile européen qui cherche à devenir plus juste, circulaire, régénératif — et qui avance, pas à pas.

Rien n'est résolu, mais une chose est claire : la transformation progresse. Et elle se construit ensemble, peut-être aussi sûrement que les Athéniens ont jadis bâti leur Parthénon.


Juliette Malaquin


 
 
 

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